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VPN no-log : ce que la promesse vaut vraiment, et ce qu'un audit ne prouve pas

Tous les VPN disent ne conserver aucun journal. C'est la seule affirmation que vous ne pouvez pas vérifier de votre côté, quoi que vous testiez. Ce qu'un audit couvre réellement, pourquoi l'EFF rappelle qu'une affirmation n'est pas une garantie, et comment décider sans faire semblant d'avoir vérifié.

Par Eric Gerard · Éditeur · AnonymFlow4 min de lecturePhoto via Pexels

Il y a une chose qu'on ne peut pas tester sur un VPN. Vous pouvez vérifier que votre IP est masquée, que le DNS ne fuit pas, que le kill switch se déclenche. Tout cela se passe sur votre machine et vous pouvez le regarder. Ce que le fournisseur note à votre sujet se passe sur les siennes, et aucun test depuis chez vous ne le montrera jamais.

L'affirmation qu'on ne peut pas contrôler d'ici

« Aucun journal » est la promesse universelle du secteur, et cette universalité devrait déjà vous dire quelque chose : une affirmation que tous les concurrents font, sans que cela leur coûte rien, ne porte en elle aucune information.

L'Electronic Frontier Foundation le dit sans détour dans son guide Surveillance Self-Defense : « Remember that a claim is not a guarantee, so be sure you verify these claims. » Et plus crûment encore : « Even if a company claims not to log connection data, this is not a guarantee of good behavior. »

Ce n'est pas du cynisme. C'est la description correcte d'une situation asymétrique. On vous demande de croire à une absence, et une absence ne laisse aucune trace inspectable.

Des portes d'armoires métalliques grises, chacune portant une fiche jaune vierge et une petite étiquette imprimée indiquant BIN 11, BIN 12, BIN 14, BIN 15. Les étiquettes vous disent que les tiroirs existent. Elles ne disent rien de leur contenu, et vous ne pouvez pas les ouvrir.
Des portes d'armoires métalliques grises, chacune portant une fiche jaune vierge et une petite étiquette imprimée indiquant BIN 11, BIN 12, BIN 14, BIN 15. Les étiquettes vous disent que les tiroirs existent. Elles ne disent rien de leur contenu, et vous ne pouvez pas les ouvrir.

Ce que fait un audit indépendant, et où il s'arrête

Les audits sont la réponse du secteur, et ils valent réellement quelque chose. Un tiers examine des configurations, des serveurs, parfois du code source, et publie ses constats. L'EFF en reconnaît l'intérêt : un audit peut « reveal otherwise unknown security vulnerabilities ».

Vient ensuite la phrase que la plupart des résumés laissent de côté. « There's no certainty that the practices aren't changed after the audit, especially if compelled to do so by a government. »

Un audit est une photographie, pas un film. Il décrit un périmètre, choisi à l'avance, à un instant, à un endroit. Il ne suit pas l'entreprise ensuite, il ne couvre pas ce qu'une injonction judiciaire pourrait changer le mois suivant, et il ne porte généralement pas sur chaque serveur de chaque pays. Rien de tout cela ne rend les audits inutiles. Cela en fait une preuve sur un état passé plutôt qu'une garantie sur un état futur.

Lire une politique sans faire semblant

Si l'affirmation ne peut pas être vérifiée, il reste à lire attentivement. Trois points méritent l'attention.

Ce qui compte comme journal. Les métadonnées de connexion, les horodatages, les totaux de bande passante et le nombre d'appareils simultanés sont tous des données, et un fournisseur peut en conserver certaines tout en disant sincèrement qu'il ne garde aucun journal d'activité. La question intéressante n'est jamais « gardez-vous des journaux » mais « que gardez-vous exactement, et combien de temps ».

Devant qui l'entreprise répond. La juridiction décide qui peut contraindre à quoi, et avec quelle obligation de vous en informer. Une politique s'écrit à l'intérieur d'un système juridique, et ce système peut la supplanter.

Ce que dit le passé. L'EFF conseille de regarder ce qui a été réellement rapporté, en notant que certains fournisseurs « have been caught misleading or lying to their customers ». Un comportement passé ne prouve pas un comportement futur, mais c'est la seule preuve empirique disponible dans un domaine bâti sur des affirmations invérifiables.

Le conseil qui en découle

La conclusion de l'EFF est courte et mérite d'être reprise : « Do not use a VPN that you do not trust. » Elle ajoute ne pouvoir se porter garante d'aucun VPN ni d'aucun classement, degré d'honnêteté qu'on trouve rarement sur les pages qui se positionnent sur cette requête.

Concrètement, la décision porte donc sur la confiance et sur la structure, pas sur la phrase marketing. Qu'est-ce que cette entreprise, devant qui répond-elle, qu'a-t-elle publié, qu'a-t-elle fait quand elle a été mise à l'épreuve. Notre comparaison de deux fournisseurs construits autour du minimum de données montre à quoi cette structure peut ressembler en pratique.

Et pour tout ce qui est testable de votre côté, l'audit de sécurité complet couvre les neuf vérifications que vous pouvez réellement mener vous-même.

En toute honnêteté

Une promesse no-log n'est pas sans valeur, et elle n'est pas une preuve. C'est un engagement dont la valeur vient entièrement de qui le prend et de ce qui lui arrive s'il se révèle faux. Quiconque vous dit avoir vérifié qu'un fournisseur ne conserve aucun journal décrit une chose qu'il ne peut pas avoir faite.

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Questions fréquentes

Peut-on vérifier qu'un VPN ne conserve aucun journal ?

Pas depuis chez vous. Tout ce que vous pouvez tester se passe sur votre propre machine : masquage de l'IP, fuites DNS, kill switch. Ce qu'un fournisseur enregistre se passe sur son infrastructure. L'EFF dit directement qu'une affirmation n'est pas une garantie, et qu'une entreprise affirmant ne pas journaliser les données de connexion n'offre pas pour autant de garantie de bonne conduite.

Un audit indépendant prouve-t-il qu'un VPN ne garde rien ?

Il prouve quelque chose de plus étroit et néanmoins utile. Un audit peut révéler des vulnérabilités autrement inconnues, mais comme le note l'EFF, rien ne garantit que les pratiques ne changent pas après l'audit, en particulier sous contrainte gouvernementale. Un audit décrit un périmètre choisi, à un instant donné, pas un état permanent.

Qu'est-ce qui compte comme journal ?

Bien plus que l'historique de navigation. Les métadonnées de connexion, les horodatages, les totaux de bande passante et le nombre d'appareils simultanés sont autant de données qu'un fournisseur peut conserver tout en disant sincèrement ne garder aucun journal d'activité. La question utile n'est pas de savoir si des journaux existent, mais ce qui est gardé exactement et pendant combien de temps.

Le pays du fournisseur compte-t-il ?

Oui, parce que la juridiction décide qui peut contraindre à divulguer, et si l'entreprise a le droit de vous en informer. Une politique de confidentialité s'écrit dans un système juridique, et ce système peut la supplanter. C'est pourquoi la juridiction apparaît dans toute discussion sérieuse sur les promesses no-log.

Alors comment choisir ?

En décidant à qui vous faites confiance, ce que recommande l'EFF quand elle dit de ne pas utiliser un VPN auquel on ne fait pas confiance, et qu'elle ne peut se porter garante d'aucun fournisseur ni d'aucun classement. Regardez ce qu'est l'entreprise, devant qui elle répond, ce qu'elle a publié, et comment elle s'est comportée lorsqu'elle a été réellement mise à l'épreuve. Traitez la phrase marketing comme l'élément le moins informatif.